L’émergence des barrières : la nouvelle réalité sécuritaire à Port-au-Prince

L’émergence des barrières : la nouvelle réalité sécuritaire à Port-au-Prince

Dans un contexte où certains quartiers de Port-au-Prince sont qualifiés de “territoires perdus” par la ministre de la Justice, les résidents de plusieurs zones ont pris l’initiative de se protéger face à la menace persistante des gangs en érigeant des barrières à des axes stratégiques.

À Canapé-Vert, Nazon, Pacot, Pèlerin, Carrefour et au-delà, les habitants se sont organisés en milices, érigeant des barrières pour filtrer les entrées et sorties de leurs quartiers.

Cette pratique, autrefois réservée aux quartiers privés tels que Tara’s et Vivy Mitchell, semble devenir une norme dans la lutte contre l’insécurité. À Turgeau, deux points de contrôle ont été observés, de même qu’à Nazon, à la rue Sylvio Cator et à l’entrée de Brun Rico. Dans d’autres quartiers, des barricades composées de véhicules et de sacs de sable ont été mises en place pour prévenir toute éventuelle invasion.

L’histoire des portails de sécurité dans les quartiers privés remonte à plusieurs années. Originellement conçus pour offrir une protection supplémentaire aux résidents, ces dispositifs visaient à dissuader les intrus et à créer une frontière claire entre l’espace public et privé. Les portails, souvent équipés de systèmes de surveillance sophistiqués, étaient un moyen de contrôler l’accès et de maintenir un niveau élevé de sécurité.

Cependant, la récente prolifération de ces “dispositifs de sécurité” au-delà des quartiers privés soulève des interrogations quant à leur efficacité à grande échelle. Alors que les résidents se mobilisent pour défendre leurs quartiers, les barrières artisanales se multiplient, parfois constituées de moyens rudimentaires.

La montée en puissance de ces mesures d’autodéfense reflète un manque de confiance envers les efforts du gouvernement pour assurer la sécurité. En l’absence de solutions concrètes, les habitants se tournent vers des initiatives locales pour protéger leur communauté.

La normalisation de ces pratiques souligne l’urgence pour les autorités de mettre en place des stratégies plus efficaces pour lutter contre l’insécurité. Alors que les quartiers résidentiels s’arment de barricades, la question persiste : jusqu’à quel point la population doit-elle assurer elle-même sa sécurité, et quel rôle doit jouer l’État dans cette équation complexe?

Rodney Zulmé

Publishing Team

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